Projet de recherche sur le lac Saint-Augustin
Depuis l’automne 2025, nous collaborons avec l’Université Laval à un projet de recherche portant sur l’évaluation d’une technologie de retrait du phosphore de l’eau.
Le projet en bref
Le projet de recherche mené au lac Saint-Augustin est dirigé par Mme Céline Vaneeckhaute, ing., Ph. D., professeure titulaire au Département de génie chimique de l'Université Laval, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en récupération des ressources et en ingénierie des bioproduits et directrice du Centre de recherche sur l'eau (c-Eau). Réalisé en collaboration avec la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures et le Conseil de bassin du lac Saint-Augustin, ce projet de recherche fait d'ailleurs l'objet d'une couverture médiatique grandissante.
Le lac Saint‑Augustin est affecté par un excès de phosphore, lié à l'urbanisation et aux activités agricoles. Cette surcharge agit comme un engrais dans l’eau : elle favorise la croissance excessive des algues et des plantes, diminue la qualité de l’eau et nuit aux usages comme la baignade ainsi qu’à l’écosystème. Ce projet de recherche vise à expérimenter des solutions adaptées aux conditions locales et à documenter leur potentiel dans le contexte particulier du lac.
Le projet consiste à tester des technologies environnementales combinées :
- Utilisation de résines d’absorption pour capter le phosphore
- Installation d’îlots flottants végétalisés
- Mise en place d’un dispositif expérimental en milieu naturel
Le projet vise à :
- Réduire la concentration de phosphore dans l’eau
- Limiter la prolifération d’algues et de plantes aquatiques
- Tester des solutions innovantes adaptées au climat québécois
- Développer des connaissances scientifiques applicables à d’autres plans d’eau
- Sensibiliser la population à la protection du lac
En quoi consiste exactement cette recherche ?
L'objectif est de répondre à une question bien précise : comment réduire durablement la quantité de phosphore présente dans le lac ? Le phosphore est un nutriment naturellement présent dans l'environnement, mais lorsqu'il est en trop grande quantité, il favorise la prolifération des algues et des cyanobactéries. Ce phénomène accélère le vieillissement du lac, diminue la qualité de l'eau et nuit aux usages récréatifs. C'est pourquoi les chercheurs concentrent leurs efforts sur cet élément.
Pour bien comprendre le fonctionnement et l’état du lac, l'équipe réalise des prélèvements d'eau à 12 endroits, en surface et en profondeur. Ces analyses permettent de suivre l'évolution de la qualité de l'eau et de mieux comprendre comment le phosphore circule dans le lac.
L'innovation du projet réside toutefois dans la solution étudiée. Les chercheurs développent une technologie d'adsorption utilisant une résine spécialisée qui agit comme un véritable « capteur » de phosphore. Les phosphates dissous dans l'eau s'y fixent, ce qui permet de les retirer avant qu'ils ne contribuent à la croissance des algues. Les essais réalisés jusqu'à maintenant démontrent un potentiel très prometteur.
À plus long terme, cette technologie pourrait être intégrée à des îlots flottants végétalisés combinant l'action naturelle des plantes aquatiques et celle de la résine d'adsorption. L'objectif est de développer une solution efficace, adaptée aux conditions climatiques du Québec et pouvant éventuellement servir de modèle pour d'autres plans d'eau confrontés aux mêmes défis environnementaux.
Cette photo montre des échantillons d’eau du lac avant et après traitement.